Historique de Rethondes

L’homme est depuis longtemps familier de nos contrées, vestiges danubéens (- 4000 av. J.C.) en amont, à Breuil, silex taillés et polis, armes, poteries. Sur la pente nord du Mont Saint Mard, un monument mégalithique "La pierre tournante", sous lequel on a découvert en 1865, 18 squelettes disposés en 3 étages, datant de 2500 à 1700 av. J.C.

Dans l'emprise actuelle du village, entre la Belle Assise et la rivière, se trouve un site connu : une importante sépulture datable de la Tène 1 (450 av. J.C.) avec bracelets et torques : monnaies gauloises à proximité sur le "Plat port" ; de la tégula (tuile), des fondations en moellon, de la monnaie romaine en argent, de la poterie datable de la 2ème moitié du 2èmes. ap. J.C., au "Château de Galle", près du cimetière actuel.

Le village est placé entre Soissons, séjour des Mérovingiens et Compiègne qui vit beaucoup les premiers Carolingiens. Sur cette place, la ferme du Prieuré, est ce qu'on appelle une ferme de Saint Médard. Son origine est le Monastère fondé par Saint Drausin, évêque de Soissons, en 657, sur un ancien domaine mérovingien acheté à l'abbaye de Choisy. Les moines de la fondation venaient de ce lieu. Dès 893 ce n'est plus qu'un prieuré simple, dont le Prieur est le seigneur du village qui se forme autour du monastère. Le bénéfice à l'abbaye de Saint Médard, qui nomme le prieur, possède le droit de haute, moyenne et basse justice.

L'abbaye de Saint Médard avait, depuis Louis le Pieux (en 827) le monopole de la Monnaie à Soissons, sept abbayes sous sa dépendance, de nombreux marchés, dont celui de Rethondes et avait de larges relations commerciales avec la Flandre.

De cette époque, il ne subsiste plus que des parties de la chapelle. La ferme fut probablement reconstruite à la fin du XIVème s. après avoir été ravagée par les anglais, sans pour cela être fortifiée. Au début du XVI ème s. ; le logis fut réédifié contre la chapelle. La grange aux dîmes, accessible par la rue Croisette, a été construite en 1647 (clef d'un linteau de porte). Au pignon de la chapelle tailloirs carolingiens sur les piliers de part et d'autre de la petite fenêtre. Le choeur de celle-ci est agrémenté, sous l'égout du toit, d'une bande lombarde, celle-ci de beauvaisis, qui en dehors d'un aspect esthétique certain, a un rôle fonctionnel non moins certain.

L'église paroissiale, sur cette même place, est probablement du XI ème s. Elle a été dotée d'un nouveau choeur et rallongée à l'époque de Philippe IV Le Bel. Elle a servi de salle commune quand cela était nécessaire et plus particulièrement à l'époque de la Révolution. Le 10 novembre 1918, FOCH et WEYGAND sont venus s'y recueillir. Le vitrail du fond du choeur commémore le 20ème anniversaire de l'Armistice. Cette église est peut-être une grange de l'Abbaye ou du Prieuré qui aurait été aménagée à l'époque de Philippe IV le Bel ?

A l'époque de la Renaissance, construction d'un Manoir Seigneurial. Avant la Révolution, les habitants jouissaient de droits d'usage en forêt de Laigue : bois mort et pâturage des bestiaux, et payaient pour en jouir une redevance de 100 sous au couvent de Sainte Croix d'Offémont. A l'époque de la Ligue, Antoine Rieux, enfant de Rethondes, se signale par ses exploits : un moment possesseur de Pierrefonds, il se paye sur l'habitant : vols, rapines, droits divers et exactions. A deux reprises il participe à la défense de Noyon contre Henri IV. Plus tard il lui tend une embuscade alors qu'il va voir Gabrielle d'Estrées, il est pris puis échangé, il se retrouve libre. Quelques mois plus tard il recommence, est pris, jugé et condamné à être pendu. Sa tête est alors exposée, accrochée à l'entrée de la porte chapelle à Compiègne. Ses complices subissent le même sort (1593).

L'Armistice : c'est dans une clairière, où une voie de chemin de fer avait été aménagée en épi de tir, pour accueillir, sur des wagons, des pièces d'artillerie de marine de gros calibre, à partir d'une dérivation établie à la gare de Rethondes, sur le RN 3 1, que fut signé l'Armistice du 11 novembre 1918. Hitler, prenant à contrepied toutes les décisions du Traité de Versailles (28 juin 1919), vint signer, en ce même lieu, l'armistice du 22 juin 1940.  

A la clairière se trouve un musée relatant l'histoire des armistices. Notre région fut imprégnée par la grande Guerre, où le Front après quelques mouvements, s'est fixé durablement, on voit passer les soldats qui vont au front à TRACY-LE-MONT, ou en descendent, sans compter les approvisionnements en vivre et en munitions. La Borne Poincaré, maintenant sur cette place, mise en place sur la route, à mi-parcours de Rethondes à Saint Crépin aux Bois, pour honorer les territoriaux qui ont réparé et entretenu ce chemin mis à mal par de nombreux convois.

Le 13 novembre 1921 la Commune de Rethondes a reçu la Croix de Guerre pour sa tenue pendant la guerre au cours d'une cérémonie cantonale où de nombreuses communes furent honorées.

La construction de la plupart des maisons de Rethondes est postérieure à 1820, elle est typique du battis soissonnais : élévation en moellon ou en pierre de taille, pignons à pas de moineaux pour les habitations, à pente continue pour les granges ; les couvertures en tuiles plates sont en général les plus anciennes, les anciennes chaumières ayant été recouvertes en ardoises (Ardennes) ou en tuile à emboîtement. Tous les chaumes ont été remplacés à partir de Napoléon III jusqu'en 1905 environ.

Armoiries de Rethondes : "De gueules à la crosse et à la lance tous deux d'or posées en pal, la lance à senestre, ornée d'un fanon d'argent timbré d'un aigle de sable, le tout côtoyé de deux fleurs de lys d'or". Ces armoiries sont celles de l'Abbaye Saint Médard de Soissons.

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