L'écueil du Hérant

L’écueil d’Hérant et l’écluse :

 

En limite Est du territoire de la commune de Rethondes, se situe l’écueil d’Hérant. De tout temps, la navigation sur l’Aisne, entre Soissons et Compiègne (les 2 grandes villes sur son cours), a été entravée par des hauts fonds constitués principalement de rochers. Au lieu-dit d’Hérant, ce n’est pas un rocher, mais une véritable barrière naturelle en grès compact qui traverse le lit de la rivière sur une longueur de près de 200 m ! On l’appelait au XIXème siècle « la bouilloire d’Hérant ».

 

La circulation fluviale nécessitait d’une part des bateaux à très faibles tirant d’eau (en limitant le tonnage) et l’observation du niveau d’eau (navigation impossible en période d’étiage avec tirant d’eau alors limité à 30 cm).

 

Dès le 1er quart du XIXème siècle, l’essor économique et la nécessité de développer le transport au moyen de bateaux à vapeur font envisager la ‘canalisation’ de l’Aisne avec la construction de huit écluses depuis Celles jusqu’à la confluence avec l’Oise. Dans cette optique, l’écueil d’Hérant fait l’objet d’études particulières, comment en effet passer ce barrage naturel ?

 

La solution retenue est de créer – latéralement au coude naturel que fait la rivière à cet endroit – un canal éclusé permettant d’éviter l’écueil, et de supprimer un coude inutile. Il fallut d’abords vérifier que le banc de grès ne se prolongeait pas jusqu’au futur canal. Par ailleurs, afin d’augmenter le niveau d’eau sur le cours de l’Aisne, un barrage construit sur l’écueil devrait être réalisé. Le devis de 290 000 F est approuvé par le Ministre le 23 mars 1839.

 

L’étude et la construction faites dans la précipitation conduisirent à des dysfonctionnements qui nécessitèrent 9 ans plus tard d’envisager d’importantes modifications dans la conception du barrage. De projet en contre-projet, ce fut fait en 1880, et c’est l’ouvrage que l’on peut encore voir aujourd’hui.

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